Lundi 8 novembre 2010
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à tous les bouffeurs de Tradition qui parlent du bon vieux temps, de ce temps où il faisait, paraît-il, bon vivre dans le monde : j'aimerais leur poser la question suivante, mais quel est donc ce
temps?
est-ce au début de l'époque industrielle quand les ouvriers travaillaient 60 heures par semaine, quand ils n'avaient pas le droit de protester et encore moins de faire grève, quand la moitié des
enfants mourraient dans les 5 premières années de leur vie?
ou bien était-ce au Moyen-Age quand seul le seigneur mangeait de la viande et que les gueux mangeaient des racines, quand le seigneur déclarait la guerre en restant vivre au château et que la
population partait au combat et mourrait sur le champ de bataille, quand le roi avait droit de vie et de mort sur ses sujets et que ceux ci se soumettaient à sa volonté?
ou bien est-ce il y a encore peu de temps, quand les présidentiables faisaient des mines et des manières avant de cravacher la gueule de leurs propres élécteurs, quand les puissants donnaient du
pain et des jeux au peuple pour que celui ci se taise et se rabaisse et s'avilisse, quand le travail d'enrichissement des occidentaux engendrait la famine dans le sud et la destruction de la
planète? si c'est ceci pour vous le bon vieux temps, sachez qu'il existe toujours...
quel est donc ce bon vieux temps? ce temps perdu sur lequel vous dites vous lamenter?
vous autres, les bouffeurs de Tradition, inlassablement roulés dans la farine depuis le mont des oliviers jusqu'au mont de la bourse, je ne vois rien de nouveau dans le monde, c'est toujours la
même comédie, la même farce lamentable avec les mêmes acteurs aux commandes : il n'y a que les masques qui changent...
vous autres, les bouffeurs de Tradition, vous qui êtes contre la transformation, le changement profond et l'innovation en matière de mode de vie et de préhension de la réalité, vous qui êtes au
fond anti-vie, anti-création de Nouveauté, vous qui êtes si lâches et hypocrites à vous calfeutrer derrière vos vieilles valeurs ancestrales comme à reculer devant l'à-venir qui appelle, ne
voyez vous donc pas que plus que d'être les esclaves d'un système de pensée éculé, vous êtes surtout et avant tout, les esclaves de votre propre couardise !
chacune des générations passées résonne comme un échec, l'échec de ne pas parvenir à vivre libre et en bonne entente dans ce monde et c'est ainsi que parfois, en compagnie de mon
chien, je me dis qu'au-delà de vous, les bouffeurs de Tradition, c'est peut être tout simplement l'homme en général qui est un échec de la Nature...